Crise du monde agricole : Mobilisation générale des maraîchers nantais
Depuis
plusieurs mois, le monde agricole subit de plein fouet les effets d’une crise
mondiale. Pas une semaine sans action, médiatisée ou non. Une situation très
inquiétante au regard des conséquences déjà perceptibles. Les maraîchers
nantais ne ménagent pas leurs efforts et se mobilisent sur tous les fronts.
En
février, les producteurs serristes manifestaient devant le siège de GDF-Suez à
Saint Herblain. Entre l’hiver 2008 et l’hiver 2009, c’est 30% de surcout qu’ont du subir les producteurs, à cause d’un prix
du gaz non révisé.
En mai,
sous la bannière de la Fédération des Producteurs de Légumes de France, une
centaine de maraîchers, dont une douzaine de nantais, sont montés à Paris pour
dénoncer les importations massives de productions étrangères. Certains entrepôts de Grande Distribution
et de Hard-Discount ne disposaient que de 2 % de productions d’origine
française. Les produits importés étaient le plus souvent de piètre qualité
et ne respectaient pas les standards de production français. Un comble à
l’heure européenne alors que les distorsions de concurrence sont plus présentes
que jamais.
Début
juillet, la Fédération des Maraîchers Nantais a reçu M. le Député Jacques
Remiller, Président du groupe d’études sur les fruits et les légumes de
l’Assemblée Nationale. Une bonne occasion de découvrir la dynamique forte mais
aujourd’hui fragilisée de cette filière. En effet, le Maraîchage Nantais a
toujours été une vitrine technologique se développant sur des innovations
techniques et des pratiques culturales reconnues nationalement. Cependant, l’avenir
est aujourd’hui assombri, surtout quand M. le Député Jacques Remiller découvre
les distorsions de concurrence sur les salaires agricoles. En France, le coût horaire
minimum est 80% plus élevé qu’en Allemagne. Cette situation a pour
conséquence une baisse des surfaces agricoles de 15 % tandis qu’elles
augmentent de 21 % en Allemagne. Avec des coûts de production aussi faibles,
pas étonnant que les Grandes Distributions françaises soient tentées d’acheter
les légumes à l’étranger. Importer certaines productions étrangères (malgré une
distance de plusieurs centaines de kilomètres) revient moins cher qu’acheter
des productions locales.
Fin
juillet, ce sont les marges abusives des Grandes Distributions que souhaitent
contester les Jeunes Maraîchers Nantais. Les producteurs se scandalisent de
voir du poireau vendus à 0,45 € se
retrouvent dans les rayons à parfois plus de 2 €.A ce prix, pas étonnant
que les consommateurs boudent les fruits et légumes. Mais le comble est que le
prix payé au producteur ne cesse de baisser entrainant une dégradation destrésoreries des exploitations.